L'affaire est remontée jusqu'aux oreilles de Robert Badinter. Résultat : dans le dernier numéro du journal associatif Armande Pouillon, créé par Loïc Le Naour en 2002, l'ancien garde des Sceaux signe un éditorial sous ce titre : « Meudon sur la pente de l'autocratie ». Le motif de l'intervention du sénateur des Hauts-de-Seine ? Un jour de décembre 2004, alors que Loïc Le Naour vend son trimestriel satirique à l'entrée du marché de Noël, il est interpellé par quatre policiers municipaux et verbalisé pour « colportage de marchandises sur la voie publique sans autorisation».
Les agents agissaient-ils sur ordre de la mairie ? « Je ne vois pas d'autre explication , affirme LoÎc Le Naour directeur de la publication d'Armande Pouillon, par ailleurs président de l'association les citoyens prennent leur place,, qui compte deux élus au conseil municipal de Meudon. Le numéro critiquait les projets de réaménagement du quartier Val-Fleury et se vendait mieux que jamais. « Politicaillerie ! répond le maire. Je n'ai jamais envoyé ces policiers, mais cette association a tellement peu d'écoute auprès des habitants qu'elle a besoin de créer des événements pour exister. » L'événement a tout de même mené Loïc Le Naour à la barre du tribunal de police de Vanves, qui l'a condamné le 10 janvier à verser 100 euros d'amende. « C'est une forme de censure, clame l'intéressé. Cette décision signifie que désormais il faudra demander une autorisation de publier à la personne que l'on critique. » Loïc Le Naour, qui affirme que son journal est avant tout « une tribune ouverte à tous les Meudonnais », a donc décidé de se pourvoir en cassation.
En attendant, Armande Pouillon continue de paraître. Par prudence, le dernier numéro de mars est distribué gratuitement. Mais il est probable que les prochains numéros seront remis en vente au prix de 2 euros dans les kiosques et sur les marchés...
Oui, à Meudon, la mobilisation des citoyens et des militants associatifs et politiques gêne la municipalité en place! Lisez donc nos Tribunes dans le journal de la ville Chloroville: c'est instructif du climat délétère qu'entretient "un bon maire UDF".